Histoire du château

Historique du château d’Audaux dit de Gassion – Ets Sainte-Bernadette

 

Le château d’Audaux est unique en Aquitaine.

 


Histoire du château d’Audaux : son plan parfait en forme de U et l’éclat de ses pierres l’apparente aux somptueux châteaux Renaissance de la Loire. Les changements apportés au fil des siècles sont tellement harmonieux qu’il est difficile de les dater. Trop d’erreurs ont été écrites à ce jour. Qu’en est-il exactement ?

Le plan du château

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A l’intérieur du château, un imposant mur de 1m40 d’épaisseur (jusqu’au-delà du 2ème étage) atteste d’un bâti ancien du début du 16ème siècle, confirmé par le style « Renaissance italianisante » de la façade donnant sur la cour Saint Joseph, autrefois appelée « cour des communs ».

Des ouvertures défensives prouvent un aménagement nécessaire, dans un Béarn troublé par des conflits. Deux murs parallèles immergés dans les douves posent question. Et que dire des caves spectaculaires enfouies sous le logis principal  et l’aile Sud ?

Mentionné dès 1423, le château d’Audaux est brûlé en 1569 par les Protestants, durant les guerres de religion. Fut-il ensuite totalement reconstruit ? Rénové ? Armand de Gontaud-Saint Geniès, Seigneur d’Audaux et sénéchal de Béarn y reçoit les visites d’Henri IV et de sa sœur Catherine de Bourbon. Il y meurt en 1592 après avoir fait son testament dans lequel il déclare qu’il revint en Béarn en 1576 et que ses caisses sont vides à cause « des grandes dépenses faites à ses bâtiments ».

En 1650, l’illustre famille des Gassion achète le château à ses descendants et y apporte de nouveaux remaniements. Un document de 1690 décrit « un château entouré de douves où l’on n’entre que par un pont-levis gardé par une grande tour ». Trente-cinq ans plus tard on parle du même château « où l’on entre par 3 ponts ».

Pont-levis et tour ont disparu ! A ce jour, aucun érudit n’a pu situer leur emplacement.

Par contre, on peu dater sans contestation, l’aspect actuel de l’aile Sud. La façade sur la cour d’honneur porte encore, de chaque côté de la porte, le chiffre des Gassion : un double G surmonté de la couronne marquisale, honneur qui leur fut attribué en 1660 par Louis XIV.

Ce chiffre fut martelé à la Révolution sur ordre de l’intendant du Marquis afin de ne pas attirer la colère des révolutionnaires de Pau.

http://sainte-bernadette.apprentis-auteuil.org/files/2011/02/photo-2-1600x1200-344x400-21.jpgCe véritable blason des Gassion en bois doré fut brûlé en 1985. Il servit de modèle aux copies plaquées sur les manteaux de deux cheminées au cours du 20ème siècle. ,

Le château traverse la Révolution sans dommage majeur. Il est intact lorsqu’il est vendu en 1806 par le dernier descendant des Gassion. De nombreux propriétaires vont s’y succéder.

Dès 1849, le château connaît une nouvelle heure de gloire hélas méconnue. Dans la cave située sous le grand escalier du logis principal 2, Antoine d’Abbadie d’Arrast aménage son premier observatoire scientifique. Il y fait plus de 5000 relevés sur la sismologie et la Verticalité. Il installe au 1er étage une bibliothèque unique au monde, composée des manuscrits anciens ramenés d’Ethiopie qu’il laisse à la garde de son serviteur noir Abdula.

Antoine vend Audaux au profit d’un domaine acheté sur la côte basque où il fait construire sa fameuse résidence « Abbadia » d’Hendaye. C’est dans cette période-là qu’un incendie ravage toute l’aile Nord et le pavillon.

http://sainte-bernadette.apprentis-auteuil.org/files/2011/02/photo-3-1600x1200-400x259-3.jpgLes vieux murs se réveillent en 1928 avec l’arrivée des nouveaux propriétaires : James Mark Willcox, citoyen américain et son épouse, la comtesse russe Elena Soumarokoff Elston. Ils entreprennent de nombreux travaux de modernisation : centrale hydraulique pour fournir l’électricité, maraîchage et conserverie ; une scierie est installée pour  fabriquer des menuiseries nécessaires à la restauration du château.

Une nouvelle entrée est construite avec portail monumental et jardin d’agrément planté face à la cour d’honneur. Tous deux artistes-peintres, on doit à James, le grand tableau dans le couloir de l’aile Sud 4 et à Elena, les plafonds azur constellés d’étoiles. Le Grand Crack boursier a raison de leur fortune et de leur présence à Audaux.

La vocation d’accueil du château s’annonce dès 1939 puisque les familles Carassou et Saumade de Paoli qui viennent de l’acquérir, y créent un établissement de repos et convalescence. La seconde guerre mondiale met un terme prématuré à leurs ambitions d’autant que les allemands occupent le château réquisitionné.


Face aux besoins croissants de recueillir des orphelins, les possibilités du « château de Gassion » d’Audaux retiennent l’attention du Père Duval, Directeur Général de la Fondation des Orphelins Apprentis d’Auteuil.

Cette Fondation, reconnue d’utilité publique depuis 1929, en fait l’acquisition en 1944.


Commence alors une nouvelle histoire avec d’importants aménagements et surtout la reconstruction de l’aile Nord.  Le sort s’acharne cependant puisqu’en 1985, un incendie détruit  tout le pavillon 3 et la moitié du logis principal. Par bonheur, il n’y a aucune victime : les dortoirs sont vides de leurs pensionnaires partis en vacances de Noël ! Hélas, dans les flammes disparaissent les somptueux plafonds peints du château.


Seul le plus spectaculaire a été refait à l’identique par les Compagnons.                                                                              

Pour conclure, le château d’Audaux garde encore bien des mystères que seule, une étude approfondie des documents anciens permettra, peut-être, de résoudre…  On peut cependant « tordre le cou » à certains écrits totalement erronés :

– Le château n’a pas été brûlé à la Révolution

– Il n’a jamais appartenu à la famille Gontaud-Biron

– Le « grand escalier » n’est pas en marbre mais en pierre d’Orriule, plus précisément en « Moulau » (prononcer « moulaou ») ;  information donnée en 2004 par le dernier tailleur de pierres d’Orriule – La ménagerie d’animaux sauvages d’Antoine d’Abbadie d’Arrast à Audaux est une fable. Il ne ramena d’Afrique que 2 juments et un étalon arabes de race « kouheil el Adjouz » originaires du Hedjaz. Quant aux trois éthiopiens qui le suivirent en France, aucun n’a été inhumé à Audaux.


Toutes personnes détentrices de photos sur le château d’Audaux ou désireuses d’apporter un témoignage sur certains détails de son histoire ou de son aspect intérieur avant l’incendie de 1985 peuvent nous contacter.


Depuis la fin de l’été 2011, le château de Gassion est enregistré à l’inventaire des Monuments Historiques.


 

Par Sylvie Lacamoire – historienne attitrée du château de Gassion.

Si vous avez des témoignages historiques à apporter, n’hésitez pas à contacter Mme Lacamoire sur le mail suivant: lacamoire@club-internet.fr

 

Quelques photos d’archives du château

 

 

NB: Quelques sites où le château est référencé:

 

Office du tourisme

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